Il supprime la direction des recherches parisienne, un conglomérat de services qualifiés alors d' "inostensibles" (dont celui de la Sûreté du quai des Orfèvres et les brigades de recherches dites "politiques") mis en place en 1894 pour répondre à la menace anarchiste. Dans le même temps, le préfet de police Hennion donne naissance à deux institutions autonomes qui (en dépit d'un court intermède et retour en arrière entre septembre 1923 et décembre 1924) s'affirmeront au cours des décennies suivantes : une direction de la police judiciaire et un service des renseignements généraux et des jeux.

Avec comme premier directeur nommé à sa tête - tout un symbole - le magistrat Henry Mouton, la nouvelle direction de la police judiciaire comprend (art. 3 de l'arrêté) un service central de sûreté, le service de l'identité judiciaire créé par Alphonse Bertillon, les commissariats de police aux délégations judiciaires et un service d'archives centrales. En outre, le directeur de la police judiciaire a désormais autorité "en ce qui touche la répression des crimes et délits" (art. 6) sur les brigades d'inspecteurs réparties sur les huit divisions de police couvrant les vingt arrondissements de la capitale.

 

L'entrée dans les faits de cette réforme (annoncée au conseil municipal de Paris dès le 4 juillet 1913) intervient rapidement. Le futur directeur de la PJ Xavier Guichard pourra écrire : "La Direction de la Police Judiciaire a été fondée le 1er septembre 1913 ; mais son origine est, en réalité, beaucoup plus ancienne, car elle a, dans les mêmes locaux, remplacé l'ancien Service de Sûreté qui lui a légué, avec ses archives, un personnel parfaitement instruit et entraîné par une expérience puisée à des traditions presque centenaires". 

 

 

Installé dans la caserne de la Cité, dirigé par un commissaire de police qu'assiste un adjoint "plus spécialement chargé de la Brigade des Jeux", le nouveau service des renseignements généraux et des jeux est, quant à lui, chargé "principalement de recueillir tous renseignements sur les fomenteurs de troubles sociaux et sur leurs projets" et d'assurer "en outre l'exécution des lois relatives aux étrangers et aux maisons de jeu."

Il va être constitué d'un bureau des archives et de deux sections : la première section regroupe "une brigade des anarchistes" et des sous-sections du "mouvement social" couvrant les grèves, les agissements extrêmistes, la diffusion d'idées "jugées dangereuses" et la presse ; la deuxième section s'occupe, pour sa part, des jeux, des cercles, mais aussi des affaires financières et des aliénés... Enfin, dans son giron, un "service des étrangers" veille à l'application du décret du 2 octobre 1888 sur la déclaration obligatoire exigée des étrangers, ainsi que des expulsions du territoire national et des enquêtes administratives concernant les étrangers.

 

La SFHP a eu l'occasion de signaler sur son site la sortie de plusieurs ouvrages traitant du 36 quai des Orfèvres et de son histoire. Vous pouvez les retrouver dans la rubrique Bibliographie / Enquête Judiciaire du site avec les notes de lecture correspondantes. A noter également le numéro 793 de janvier 2013 de la revue Historia tout particulièrement consacré au "36, quai des Orfèvres - La Crim, la Mondaine, l'Antigang... un siècle d'enquêtes retentissantes".

 

 

IL Y A ... 90 ANS : La France connaît sa première grande manifestation de policiers. Le mardi 11 décembre 1923, réclamant l'augmentation de leurs salaires pour "faire face à la cherté de la vie", quelque 2 à 3000 policiers parisiens "ayant jeté provisoirement l'uniforme aux orties" défilent dans les rues de la capitale, sous la conduite du gardien Rigail, secrétaire de la Fédération des polices. A 15H 30, ils viennent en délégation à l'hôtel de ville présenter leurs revendications à Emile Massard qui représente le conseil municipal. Après quoi, ils forment un cortège qui s'avance vers le Palais-Bourbon avant d'être arrêté et dispersé à hauteur du quai des Tuileries par la garde à cheval placée là en barrage et par l'intervention de leurs collègues des brigades de réserve. Des horions sont échangés qui vaudront notamment une blessure légère au directeur de la police municipale, une arrestation (celle du gardien Leubas) et sept suspensions avec passage devant le conseil de discipline.

"Une scandaleuse manifestation" titrera Le Figaro du 12 décembre. Le même jour L'Humanité fait à sa une dans l'ironie avec un dessin intitulé "La peine du talion" (voir ci-contre) où le préfet de police menace ses troupes "rebelles" qu'il a dans un récent passé lancé sur les grévistes et manifestants du Bâtiment : "Et, vous savez, si ça se renouvelle, je vous fais charger par les gars du Bâtiment".     

 

 

 

IL Y A ... 60 ANS : Un centre national de formation des brigades canines est créé à Marseille.

Une instruction datée du 23 mai 1953 prescrit l'organisation et le fonctionnement d'un centre national de dressage de chiens et d'instruction de leurs conducteurs ainsi que l'implantation de brigades canines dans plusieurs grandes villes de métropole (comme Angers, Nice, Rouen ou encore Toulouse) et d'Algérie (à Oran et à Bône).  

Le centre en question, premier du genre, entre en activité fin 1953. Il est accueilli dans une partie des anciens abattoirs de Marseille où une unité canine est déjà installée. L'aménagement des locaux s'accompagne de l'ouverture d'un chenil permettant de loger 50 chiens dont les 22 de la brigade canine locale que l'on voit défiler sur la photographie ci-contre extraite de La Revue de la Sûreté nationale n° 43 de mai-juillet 1962.

 

 

 

IL Y A ... 60 ANS AUSSI : Naissance de l'Office des Stups

Dans le prolongement du décret du 30 août 1951 portant publication du protocole adopté en octobre 1948 par les Nations Unies à l'effet de placer sous contrôle international certaines drogues, un décret interministériel (Intérieur, Justice, Affaires étrangères, Finances, Défense nationale, mais aussi Santé publique et Outre-mer) n° 53-726 du 3 août 1953 institue auprès de la direction générale de la sûreté nationale au ministère de l'Intérieur un "office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants".

Chargé de "centraliser tous les renseignements pouvant faciliter la recherche et la prévention" de ce trafic et de coordonner toutes les opérations tendant à sa répression, notamment en liaison étroite avec les douanes et la gendarmerie, l'OCRTIS relève de la direction de la police judiciaire (11 rue des Saussaies à Paris 8ème) et va être, dans un premier temps, rattaché à la 2ème section de sa sous-direction des affaires criminelles (groupe C). Par la suite, au début des années 1970, sous l'autorité du contrôleur général François Le Mouël, l'office s'étoffe pour lutter contre la French Connection et devient la 7ème section (puis 7ème division) de la PJ nationale que vont diriger des "patrons" tels que Michel Richardot, Bernard Gravet ou encore Alain Tourre. Aujourd'hui installé à Nanterre, il s'appuie sur un important réseau d'officiers de liaison spécialisés affectés dans des zones qui présentent un intérêt stratégique.

 

 

IL Y A ... 40 ANS : Création du service central de la police de l'air et des frontières

Un arrêté ministériel du 1er août 1973 porte création d'un service central de la police de l'air et des frontières (voir logo ci-contre) "placé sous l'autorité d'un chef de service directement rattaché au directeur général de la police nationale".

Au début des années 1970, la PAF (comme on dit dans le jargon policier) est  une composante, une sous-direction (ayant son siège 98, boulevard Victor Hugo à Clichy, dans les Hauts-de-Seine) de la direction centrale des renseignements généraux. En novembre 1972, une circulaire du ministre de l'Intérieur Raymond Marcellin la détache des Renseignements Généraux et la place sous l'autorité de Marcel Brunet. L'arrêté d'août 1973 confirme et rend définitive cette autonomie. Le service central de la police de l'air et des frontières (ancêtre de la direction centrale de la police aux frontières d'aujourd'hui) est confiée à sa naissance au contrôleur général Gabriel Cham.   

Cette réforme se traduit, entre autres choses, par une réorganisation de l'échelon central de la PAF qui compte, outre un état-major, trois sections désormais intitulées "Application de la réglementation", "Gestion opérationnelle et prévisionnelle", "Liaisons opérationnelles".

Dans tous les grands domaines couverts par la Police de l'Air et des Frontières (et en particulier la surveillance des entrées et sorties de France, par voie terrestre, maritime ou aérienne), ces sections se répartissent le travail de coordination et d'exploitation de l'activité des services territoriaux qui sont constitués par sept secteurs correspondant aux  zones de défense, par des services départementaux et par des services placés "sur les aéroports à grand trafic international relevant de l'Aéroport de Paris".

 

 

 

SANS OUBLIER ...

 

IL Y A ... 160 ANS : Un décret du 21 juin 1853 crée une direction de la police générale au ministère de l'Intérieur qui récupère les attributions du ministère de la Police, créé en janvier 1852, alors confié à Maupas avant de disparaître (une nouvelle fois) dix-huit mois plus tard.

 

 

IL Y A ... 120 ANS : Un décret du 11 août 1893 transforme le "service d'identification anthropométrique" que dirige son créateur Alphonse Bertillon (voir photo ci-contre) en "service de l'identité judiciaire" de la préfecture de police. Il rassemble 36 employés et policiers qui se répartissent sur 1710 m2 de bureaux et de combles mis à leur disposition du quai des Orfèvres au quai de l'Horloge. En mars de l'année précédente, le bertillonnage a connu son heure de gloire en permettant l'identification de l'anarchiste et poseur de bombes Claudius-François Koenigstein alias Ravachol.  

En cette même année 1893, le 11 juillet, le préfet de Seine-et-Oise Louis Lépine prend les commandes de la préfecture de police de Paris pour y rester (sauf durant un intermède où, de 1897 à 1899, il devient gouverneur général d'Algérie et conseiller d'Etat) jusqu'à sa retraite de préfet en mars 1913. 

 

IL Y A ... 110 ANS : Le décret organique du 20 mai 1903 fixe un cadre précis du service de la gendarmerie nationale.

 

 

IL Y A ... 70 ANS : La loi du 27 novembre 1943 institue "un service de police technique relevant de la direction générale de la police nationale [créée par Vichy le 23 avril 1941] chargé de rechercher et d'utiliser les méthodes scientifiques propres à l'identification des délinquants".

Ce service comporte des services régionaux et locaux d'identité judiciaire, quatre laboratoires de police scientifique implantés à Lyon, Marseille, Toulouse et Lille, ainsi qu'un organisme central, le "service central photographique et d'identité de la Police Nationale".

 

 

 

IL Y A ... 40 ANS : Par un décret n° 73-610 du 5 juillet 1973, l'inspection générale de la police nationale relève directement du ministre de l'Intérieur, de manière à étendre son champ de compétence à tous les personnels de la police nationale, y compris ceux de la préfecture de police. Moins d'un an plus tard, le 14 mai 1974, un arrêté ministériel replace l'inspection générale au sein des directions et services de la direction générale de la police nationale.

 

 

 

IL Y A ... 30 ANS :   Création par un arrêté du 16 juin 1983 d'un conseil national de la formation de la police nationale placé sous l'autorité du secrétaire d'Etat chargé de la sécurité publique, Joseph Franceschi (assis au centre entouré des membres de son cabinet sur la photo ci-contre extraite de la Revue de la police nationale n° 118).  Composé des directeurs et chefs de services centraux de police, ce conseil dont le secrétariat est assuré par la direction de la formation des personnels de police (DFPP), a notamment pour mission d' arrêter la politique de formation des personnels et d'en fixer les orientations prioritaires sous la forme d'un programme annuel. Il ne connaîtra qu'une éphémère existence.

 

 

 

IL Y A ... 20 ANS : Le décret n° 93-1030 du 31 août 1993 met fin à l'existence de la direction centrale de la police territoriale créée en février de l'année précédente à la direction générale de la police nationale dans le cadre du grand programme de "départementalisation de la police nationale". Ses composantes d'un moment (polices urbaines, renseignements généraux, police de l'air et des frontières) retrouvent leur autonomie. 

 

 

IL Y A ... 10 ANS : Le service central des compagnies républicaines de sécurité devient une direction centrale des compagnies républicaines de sécurité par décret n° 2003-951 du 3 octobre 2003.

 

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